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Découvrez une visualisation en 3D de l’ensemble du manoir tel qu'il devait être au 19ème siècle et exactement replacé sur le terrain. A travers les époques des bâtiments avaient été ajoutés ou agrandis. En l'état des informations en notre possession, il n'est pas encore possible de proposer une simulation couvrant les périodes plus anciennes.
Cette simulation 3D a été réalisée par Gaël Gehin. gael.gehin@gmail.com
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Plusieurs sources concordantes nous permettent d'élaborer l'histoire du manoir des Fols à travers les siècles.

C'est tout d'abord, le texte concis mais précis que le précédent propriétaire, Mr François Orliac, architecte des bâtiments de France, et qui avait entrepris de sauver les lieux, avait apposé à l'intention des visiteurs :
« Ce petit manoir au demeurant fort modeste est constitué par l'adjonction entre 1540 et 1560, d'un logis à une tour de guet de plan carré du type manoir vertical probablement construite par les anglais au 14ème siècle. La tour de guet comportait au rez-de-chaussée un cellier, au 1er étage un séjour et au 2ème étage une salle de veille. Le logis comportait au rez-de-chaussée côté sud un cellier transformé en séjour supplémentaire à la fin du 18ème siècle et côté nord une grande salle avec cheminée monumentale.A l'étage, une chambre basse côté sud et une chambre haute côté nord, à la façon de tant de manoirs bretons. Construit dans la mouvance territoriale du château de Baudreville, le manoir des Fol appartint à la puissante famille de Pierrepont. »


Nous possédons également un compte-rendu de la visite effectuée le 11 novembre 1999 par Julien Deshayes.
Julien Deshayes est animateur du Patrimoine au Pays d'Art et d'Histoire du "Clos du Cotentin", Julien Deshayes consacre l'essentiel de ses recherches archéologiques à l'architecture religieuse, castrale et manoriale du Cotentin. Membre de la Société des Antiquaires de Normandie et du Groupe de recherches archéologiques du Cotentin,
« Le logis se compose de deux ailes, formant un angle très ouvert, et s'articulant autour d'une tour d'escalier reportée à l'extérieur de la cour. »

L'aile principale abrite en rez-de-chaussée la salle basse et un cellier ou dépense (Cette dernière pièce vient d'être dotée d'une cheminée provenant de l'étage). Une porte à linteau droit, abritée sous un larmier et protégée par un petit assommoir, dessert directement la salle. Cette dernière communique avec l'aile secondaire, située en contrebas, et dont le rez-de-chaussée paraît avoir été affecté à un usage de stockage. Ce qui est surprenant est que l'accès à l'escalier menant à l'étage oblige actuellement à passer par cette aile secondaire, au lieu de se faire directement depuis la salle, comme le veut l'usage. Une seconde anomalie résulte de la différence de niveau encore détectable entre les deux pièces hautes de l'aile principale, décalage répercuté dans le niveau d'appuis des fenêtres de la façade sur cour. Ce décalage entre deux pièces hautes situées de part et d'autre d'un mur de refend est tout à fait habituel mais il est normalement lié à la présence d'un escalier en vis adossé au mur de refend. Hors, il existe précisément un massif de maçonnerie assez énigmatique, adossé à l'arrière de cette aile principale, à l'aplomb du mur de refend. Apparemment, il s'agit de latrines rebouchées et re-maçonnées (d'un type particulièrement ingénieux). Mais il pourrait s'agir aussi d'une trace laissée par la suppression d'un ancien escalier, qui assurait donc la desserte de l'étage, directement depuis la salle. Cette dernière hypothèse conviendrait à merveille, car je n'envisage pas que l'on est imaginé de faire passer les gens par le cellier pour aller dans leur chambre, ni qu'on se soit amusé à produire des décalages de niveau autrement que pour un motif fonctionnel de distribution.

La structure de l'aile principale, dans ses dispositions restituées, correspond parfaitement bien au type commun de la demeure à étage de la fin du Moyen âge en Cotentin. L'aile secondaire seule l'en distingue, en lui apportant une dimension plus importante. On peut émettre l'hypothèse que cette dernière, traitée comme un pavillon latéral, soit une adjonction datant de la fin du XVIe siècle. Sa construction, ayant occasionnée l'installation de la vis formant liaison avec l'aile principale, aurait ainsi justifié la suppression de l'ancien escalier, initialement adossé au revers de l'aile principale d'habitation. Des raisons topographiques exogènes auront peut-être conditionné l'implantation un peu surprenante de ce pavillon (la route actuelle passe immédiatement au nord de la propriété).

En termes de datation globale de l'édifice, mes souvenirs sont un peu lointains. La cheminée principale, avec ses piédroits semi-circulaires, peu se situer sur une fourchette chronologique assez large, entre 1540 et 1590 environs. Les baies à larmiers et chanfreins « aigus » de la façade, surtout caractéristiques de la première moitié du XVIe siècle, peuvent cependant avoir été utilisées assez tard, jusque vers la fin du siècle. L'emploi de la brique pour les arcs de décharge de certaines ouvertures de la façade principale apparait aussi dès les années 1520-1530 (échauguette de la Cour de Boutteville) mais reste surtout caractéristique d'édifices datant des environs de 1560-1590 (échauguettes du manoir de Saint-Christophe-du-Foc et de la Cour de Reigneville en particulier). La fenêtre de comble à fronton de style Renaissance couronnant la façade principale est également représentative du répertoire des ateliers de tailleurs d'Yvetot-Bocage entre la fin du XVIe et les toutes premières décennies du XVIIe siècle. Au résultat, il semble bien que l'édifice, qui conservait des éléments d'une structure antérieure, ait fait l'objet d'un remaniement tout à fait substantiel à une date qu'il convient de situer entre 1580 et 1600 environ. Il n'est donc pas improbable que ces modernisations, qui ajoutaient au logis un évident cachet aristocratique, aient suivies d'assez prés l'ascension de la famille Lefol, anoblie rappelons le en 1594. D'autres percements doivent en revanche être attribués à la fin du XVIIIe siècle (ouvertures à arcs surbaissés de l'ancien cellier). Les ouvertures les moins soignées (porte d'accès au pavillon latéral en particulier) sont manifestement encore postérieures. »


J'oserai apporter ma modeste contribution, fondée sur les longues heures passées à observer les lieux.
Je privilégie l'hypothèse d'une construction en deux phases : tout d'abord une tour de gué, puis l'adjonction d'un logis principal. Les indices qui m'amènent à cette conclusion proviennent des ouvertures (les portes d'accès) telles que nous les avons découvertes. L'ouverture donnant d'accès à la tour était manifestement d'une facture médiocre et plus récente dépourvue de linteau en pierre. Cette accès a certainement été rajouté. L'accès à la tour devant se faire par la porte qui aujourd'hui permet de passer du logis à la tour. La construction en deux phases expliquerait plus facilement la différence de niveaux entre ces deux parties du bâtiment.


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